Tiles, memory and public space : memorial marks of the last Argentinian dictatorship in Buenos Aires and La Plata during the Kirchner's and Macri's governments (2003-2019)
Dalles, mémoire et espace public : les traces mémorielles de la dernière dictature civilo-militaire argentine à Buenos Aires et La Plata pendant les gouvernements Kirchner et Macri (2003-2019)
Résumé
Our research focuses on two projects of tiles to commemorate the people that the last Argentinian dictatorship (1976-1983) murdered, most of whom are still missing to this day. Since 2006, human rights organisations and popular assemblies make and lay self-managed « Tiles for Memory » in the streets of Buenos Aires. In 2011, another memorial tiles' project has been launched in the country, at the instigation of the La Plata city council, the designer Pablo Ungaro and the ceramicist Florencia Thompson: the « White Tiles of Memory ». These two initiatives combine art and memory to convey, in the urban public space, the identity of those that the last dictatorship tried to make disappear. They honor people who are presented as activists and are not reduced to the violence inflicted upon them. The members of the corpus give a new meaning to an everyday object: the tiles laid on the pavement. The Buenos Aires' and La Plata's memorial tiles become memorial marks that can question the pedestrians. They also are marks of a political and social commitment updated in the present. They represent a creative answer to the challenge of conveying the memory of a past that is becoming less and less recent and can be a contentious issue regarding its interpretation. As they are laid on the streets of Buenos Aires and La Plata, the memorial tiles of the corpus propose a reappropriation and a resignification of the urban public space.
Notre travail se centre sur deux projets de dalles en mémoire des personnes que la dernière dictature civilo-militaire argentine (1976-1983) a assassinées et dont la majorité est encore portée disparue à ce jour. Depuis 2006, des associations de défense des droits humains et des assemblées populaires fabriquent et posent, de façon autogérée, des « Dalles pour la Mémoire » dans les rues de Buenos Aires. En 2011, un autre projet de dalles mémorielles a vu le jour dans le pays, sous l'impulsion de la mairie de la ville de La Plata, du designer Pablo Ungaro et de la céramiste Florencia Thompson : les « Dalles Blanches de la Mémoire ». Ces deux initiatives contemporaines mêlent art et mémoire pour transmettre, dans l'espace public urbain, l'identité de celles et ceux que la dernière dictature a voulu faire disparaître. Elles honorent des personnes qui sont présentées comme des militants et qui ne se réduisent donc pas à la violence qui leur a été infligée. Les acteurs de notre corpus resignifient un objet du quotidien : les dalles posées sur le trottoir. Les dalles mémorielles de Buenos Aires et de La Plata deviennent des traces mémorielles capables d'interpeller les passants. Elles sont aussi les traces d'un engagement politique et social qui se réactualise dans le présent. Elles constituent une réponse créative au défi de la transmission mémorielle d'un passé de moins en moins récent et qui fait parfois l'objet de conflits quant à son interprétation. En s'inscrivant dans les rues de Buenos Aires et de La Plata, les dalles mémorielles du corpus proposent une réappropriation voire une resignification de l'espace public urbain.
| Origine | Version validée par le jury (STAR) |
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