Du Bellay au XIXe siècle : la lecture de Saint-René Taillandier - Sorbonne Université Access content directly
Conference Papers Year : 2022

Du Bellay au XIXe siècle : la lecture de Saint-René Taillandier

Abstract

Cet article se propose de retracer la postérité de Du Bellay au XIXe siècle, jusqu’à la première réédition, en 1867, de ses œuvres complètes par Charles Marty-Laveaux, événement qui marque la canonisation définitive d’un auteur longtemps resté mineur. Du Bellay, après sa mort, sombre assez rapidement dans un oubli presque total, dont il n’émerge qu’à la fin du XVIIIe siècle. Mais c’est surtout dans les années 1820 que les Romantiques, réhabilitant la poésie de la Pléiade, favorisent la redécouverte de Du Bellay : Hugo trouve chez lui quatre épigraphes de ses Odes et ballades, dont celle du titre général ; Sainte-Beuve dans son Tableau historique et critique de la poésie française au XVIe siècle et Nerval dans son Choix de poésies, lui accordent une place non négligeable. Prisé surtout comme l’ardent théoricien de la Défense et le poète léger et mélancolique des Odes et des Jeux rustiques, Du Bellay devient une sorte de pré-romantique – mais n’en demeure pas moins à cette date un auteur mineur. S’il est encore largement dédaigné par Nisard au milieu du siècle, un changement s’opère pourtant alors. En 1841, Sainte-Beuve, préfaçant l’édition de morceaux choisis entreprise par Victor Pavie, revient sur Du Bellay, infléchissant son portrait vers plus de douceur et de mélancolie. Pour la première fois surtout, l’éditeur et le critique mettent l’accent sur les recueils romains du poète, qui attireront désormais toute l’attention quand il sera question de lui. Entre les années 1850 et 1860, Du Bellay, sorti de l’ombre de Ronsard, s’impose comme un auteur de premier ordre de l’histoire littéraire française, comme en témoigne la série de trois articles que lui consacre encore Sainte-Beuve en 1867. Cette revalorisation, qui s’opère toutefois au prix d’une réduction de son œuvre à quelques titres, quand ce n’est pas au seul sonnet XXXI des Regrets, « roi des sonnets » pour Sainte-Beuve, aboutit à la fixation d’une figure canonique dont nous demeurons largement les héritiers.
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Dates and versions

hal-03995554 , version 1 (18-02-2023)

Identifiers

  • HAL Id : hal-03995554 , version 1

Cite

Isabelle Schlichting. Du Bellay au XIXe siècle : la lecture de Saint-René Taillandier. Du Bellay, poète bifrons, Adeline Lionetto; François Rouger, Oct 2022, PARIS, France. ⟨hal-03995554⟩
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