La bouche de la loi ? Les figures du juge dans L’Esprit des lois
Résumé
Selon Montesquieu, le juge doit être la simple « bouche de la loi ». La formule a fait mouche. Mais comment l’entendre au juste ? L’Esprit des lois défend-il réellement une forme stricte de légicentrisme, associée à sa célèbre théorie de la distribution des pouvoirs ? Considère-t-il le pouvoir d’interprétation du juge comme une source d’arbitraire et d’abus de pouvoir ? Cet article entend montrer que le rôle du juge varie, chez Montesquieu, en fonction des formes de gouvernement, et le despotisme sert de repoussoir afin d’identifier les formes non liberticides du pouvoir de juger. La réflexion sur l’attribution et la limitation du pouvoir de juger (I) ainsi que sur les modalités du jugement (II) ne peut être séparée de la critique de l’absolutisme. L’Esprit des lois propose une réflexion sur les conditions de la liberté politique, à laquelle l’analyse du pouvoir de juger demeure subordonnée.
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