“E jeo l’ai trové en escrit” : de la voix à la lettre dans les Lais de Marie de France
Résumé
Cet article étudie la place respective de l’oralité et de l’écriture dans les Lais de Marie de France, en se fondant d’abord sur une étude précise, à la fois statistique et lexicale, du vocabulaire: oïr, dire et cunter, ainsi qu’entendre et escouter, d’une part; et d’autre part, escrit et escriture, beaucoup moins représentés, mais néanmoins bien présents, dans des emplois très significatifs, en particulier lorsqu’ils se rapportent à l’activité d’écriture de Marie. Alors qu’elle ne se réfère qu’à des sources orales, comme on le montrera, et que la voix de l’auteure-narratrice s’inscrit dans un cadre de communication orale, Marie met aussi l’accent sur son travail d’écriture, dans le prologue général du recueil des Lais et parfois aussi dans les brefs prologues et épilogues qui encadrent chaque lai (notamment dans le vers 6 du lai du Chèvrefeuille, « E jeo l’ai trové en escrit »). Elle donne également à voir dans ses récits diverses représentations de l’écriture: on s’intéressera successivement aux livres, aux lettres et aux inscriptions gravées sur des objets à forte valeur symbolique. Si l’écriture des lais s’inscrit dans le prolongement de la voix et se donne à entendre comme une voix, la place de l’écrit y est aussi très fortement marquée, par une écrivaine consciente de sa singularité.
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