Écrire sa honte : Augustin, Rousseau, Sachs, Genet - Sorbonne Université Access content directly
Theses Year : 2022

Writing the Self and its Shame: Augustine, Rousseau, Sachs, Genet

Écrire sa honte : Augustin, Rousseau, Sachs, Genet

Chloé Vettier

Abstract

The shame of being a man, is there any better reason to write about oneself? Shame is an experience that is constitutive of subjectivity, whether it emerges because one is gazing at oneself or being gazed at. It is thus not surprising that for centuries, shame has been a significant theme of life writing. Augustine and Jean-Jacques Rousseau, who shaped generations of autobiographers, assigned a crucial place to shame in their respective Confessions. Shame is also central to the practice of auricular confessions, a Catholic rite that began to become popularized in the 13th century. Therefore, a literary and discursive tradition of shame came into existence, a tradition which two authors from the 20th century reclaimed – and somehow “perverted”: Maurice Sachs and Jean Genet. My first chapter explores the various functions of shame in Augustine’s Confessions and in auricular confessions from the 13th to the 18th centuries: shame is at once an obstacle to confession, a guarantee of its authenticity, and a source of salvation. My second chapter shows that Rousseau’s Confessions offers an original theory of shame paired with a critique of female-dominated salons and aristocratic customs. The third chapter looks at Sachs’ life and work. His archives show how shame prevented him from writing and may explain why he wrote Le Sabbat with a “shameful style.” My last chapter examines how Genet anticipated Erving Goffman’s theories on stigma by providing acute descriptions of shame-filled characters and milieux. However, Genet does not simply document shame. He writes it to trap his readers while making it a crucial value, a cornerstone of his aesthetics.
La honte d’être un homme, y a-t-il une meilleure raison de s’écrire ? Regard de soi sur soi, regard de l’autre sur soi, la honte est une expérience constitutive de la subjectivité. Rien d’étonnant à ce que la honte représente donc un thème majeur des écrits de soi depuis des siècles. Saint Augustin et Jean-Jacques Rousseau, qui ont marqué des générations d’autobiographes, lui attribuent une place centrale dans leurs Confessions respectives. La honte joue également un rôle crucial dans la pratique de la confession auriculaire, rituel catholique qui s’est démocratisé à partir du XIIIe siècle. Il existe ainsi une tradition littéraire et discursive de la honte, dont se ressaisissent, non sans quelques libertés, deux auteurs du XXe siècle : Maurice Sachs et Jean Genet. Le premier chapitre de cette thèse recense les fonctions de la honte dans les Confessions d’Augustin et les confessions auriculaires du XIIIe au XVIIIe siècles : la honte est à la fois obstacle à la confession, garantie de son authenticité, et voie du salut. Le deuxième chapitre montre qu’il se dessine dans les Confessions de Rousseau une véritable théorie de la honte, alliée à une critique socio-politique. Le troisième chapitre est consacré au cas de Sachs, dont les archives montrent à quel point la honte a empêché l’écriture et permettent de mieux comprendre le « style honteux » du Sabbat. Notre quatrième chapitre montre que les descriptions que Genet offre de personnages et milieux honteux préfigurent les analyses d’Erving Goffman sur le stigmate. Mais Genet ne documente pas seulement la honte, il l’écrit pour piéger ses lecteurs et pour en faire une valeur suprême, un pilier de son esthétique.
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Dates and versions

tel-03998006 , version 1 (20-02-2023)

Identifiers

  • HAL Id : tel-03998006 , version 1

Cite

Chloé Vettier. Écrire sa honte : Augustin, Rousseau, Sachs, Genet. Littératures. Sorbonne Université; Princeton University; CELLF, 2022. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-03998006⟩
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